La SABRETACHE

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La Gendarmerie, vous avez dit Gendarmerie ?

La Gendarmerie, vous avez dit Gendarmerie ?

Par le général (CR) Michel Hanotaux.

La Sabretache a consacré son Carnet spécial de 2003 à la Gendarmerie.

Il aurait fallu intituler cette étude « La Gendarmerie Nationale » car elle traitait de cette arme d’élite (maintenant Armée).

Celle-ci, par la loi du 16 janvier 1791 qui l’organisait, reprit à son compte les missions autrefois dévolues aux organisations diverses regroupées au sein de la MARECHAUSSEE : Prévôté générale, compagnie du Lieutenant-Criminel, celles des monnaies et des chasses du Roi, des Sceaux, de l’Ile de France, de l’Artois, du Clermontois….

Or la Gendarmerie est bien antérieure à 1791 : On parle des Gens d’Armes depuis le règne de Hugues Capet. A cette époque ce sont les grands vassaux qui amènent à l’Ost royal leurs sujets à cheval armés de pied en cap (chevaliers bannerets, écuyers et gens d’armes) ou plus légèrement (chevaux-légers) ainsi que des fantassins. En 1445, Charles VII créa la Gendarmerie (un des volets de la réforme de l’Armée Royale) composée de 15 compagnies d’ordonnance de 100 lances chacune (chaque lance était suivie de 5 à 6 hommes) mais ces compagnies qui étaient sensées fournir la cavalerie au Roi suivirent leurs princes parfois contre celui-ci lors des guerres civiles comme les guerres de religions ou celle de la Fronde; se révélant incontrôlables, Louis XIV les cassa à l’occasion de la Paix des Pyrénées qui mettait un terme à la guerre contre l’Espagne (1659). Il institua une nouvelle Gendarmerie et, en 1667 en fixa la composition.

gendarme

Briquet, dans son fameux Code Militaire (titre XC) nous rappelle cette composition :

« Article premier : les compagnies des gardes du corps de Sa Majesté, celle de ses gendarmes et chevaux-légers, la compagnie des gendarmes écossois, celle des mousquetaires à cheval et les compagnies d’ordonnance tiendront rang de compagnies de gendarmes; et réputées du corps de la Gendarmerie, auront la droite sur tous les régimens et compagnies de cavalerie françoise et étrangère, et marcheront entre-elles dans le rang ci-après (Louis XIV, ordonnance du 6 mai 1667).

Article second : Les quatre compagnies des gardes du corps de Sa majesté auront la droite sur toute la gendarmerie de France (Louis XIV ibidem)

Le rang de ces quatre compagnies n’est pas réglé par ladite ordonnance de 1667 mais l’usage observé de tout tems, est que la compagnie écossoise marche toujours la première, et après elle les trois autres, suivant le rang que leur donne l’ancienneté de leurs capitaines.

Immédiatement après :

5. La compagnie des gendarmes de Sa majesté.

6. Celle de ses chevaux-légers

7. Celle des gendarmes écossois

8. La première compagnie des mousquetaires à cheval

9. La seconde

Après la seconde compagnie des mousquetaires, l’ordonnance de 1667 faisoit marcher les compagnies d’ordonnance de la Reine et du Dauphin; mais le feu Roi Louis XIV, ayant ajouté depuis au corps de la Gendarmerie, la compagnie des gendarmes anglois en la même année 1667, celle des gendarmes bourguignons en 1668, et celle des gendarmes de Flandres en 1673, elles ont pris rang immédiatement après les mousquetaires; parce que le Roi, s’étant réservé d’en être le capitaine, elle doivent précéder par cette raison celles de la Reine, de Monseigneur le Dauphin, etc…

10. La compagnie des gendarmes anglois

11. Celle des Bourguignons

12. Celle de Flandres

13.14. Les gendarmes et chevaux-légers de la Reine

15.16. Les gendarmes et chevaux-légers du Dauphin

17.18. Les gendarmes et chevaux-légers de Bourgogne

19.20. Les gendarmes et chevaux-légers d’Anjou

21.22. Les gendarmes et chevaux-légers de Berry

La compagnie des Gardes de Monseigneur le duc d’Orléans marchoit, par l’ordonnance de 1667, après les gendarmes et chevaux-légers de Berry; mais cette compagnie ne subsiste plus depuis le 2 décembre 1723, jour de la mort de S.A.R.

23.24. Les gendarmes et chevaux-légers d’Orléans

Feu S.A.R. étant décédé le 2 décembre 1723, le Roi rendit une ordonnance le 7 janvier 1724, portant que ces deux compagnies continueroient à être du corps de la Gendarmerie, comme elles avaient été par le passé, et qu’elles y feroient le service de la même manière et sous le même titre d’Orléans; Sa Majesté s’en réservant néanmoins le commandement, ainsi que des autres de sa gendarmerie.

25. La compagnie des grenadiers à cheval n’a pas de rang réglé; elle sert ordinairement à la tête de la Maison du Roi… »

Notons que la Gendarmerie de France fut regroupée à Lunéville en 1667. Et toute la Gendarmerie (y compris les compagnies de la Maison du Roi) à l’exception des gardes du Corps, sera licenciée pour des raisons d’économie en 1788.

Sources :

Recueil d’ordonnances de Saugeon (SHAT)

Histoire de la Milice Françoise du R.P. Daniel

Recueil d’Hermand A1 à 10 « La Gendarmerie en 1724 » (SHAT)

Le Code Militaire de Briquet

Histoire de la Cavalerie du général Susane

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