La SABRETACHE

SOCIETE D'ETUDES D'HISTOIRE MILITAIRE

Association reconnue d'utilité publique

Rechercher dans les archives de La Sabretache

A propos de la cavalerie du Levant

Par Michel HEURLEY (extrait du Carnet n° 423/1961). Il y a eu à l’Armée française de Syrie, aux environs de 1920, trois régiments de cavalerie dont on ne parle jamais. Formés de chasseurs d’Afrique et de spahis ils ont porté le nom de Régiments mixtes puis celui de Régiments de Cavalerie du Levant sous lequel ils ont été dissous en 1922. Il ne reste rien d’eux. Ils n’ont jamais eu d’étendard. Seul, le refrain du 2e a pu être recueilli ; celui du 1er est perdu et le 3e n’en avait pas. Mais si brève qu’ait été leur existence, elle a pourtant largement suffi pour que des hommes vivent, souffrent et meurent dans leurs rangs et pour que le 1er Régiment accomplisse un fait d’armes qui le met sur le même plan d’héroïsme que la Maison du Roi à Rocroi ou le 9e de Cuirassiers à la Moskowa : la prise de Naplouse, le 21 septembre 1918. Ecrira-t-on un jour l’histoire de ces trois régiments? Ce ne sera probablement pas facile car elle est assez touffue et, sauf en 1918, les escadrons, voire les pelotons, ont combattu le plus souvent séparés. Mais pour que le travail fût possible, il fallait une base permettant de comprendre les événements. C’est ce que nous avons voulu donner à un éventuel auteur en retraçant ici succinctement l’historique administratif de chacun des trois corps. La prescription sera ainsi au moins interrompue et l’affreuse loi du silence mise en échec. REGIMENT MIXTE DE CAVALERIE DU D.F.P.S. Résumé de l’Historique administratif Créé par Dépêche ministérielle du 15 décembre 1917. Constitué par : – 15e escadron du 4e de Chasseurs d’Afrique : 2 pelotons du 4e de Chasseurs d’Afrique, 2 pelotons du 5e de Chasseurs d’Afrique, – 16e escadron du 4e de Chasseurs d’Afrique, – 3e escadron du 1er de Spahis algériens, – 8e escadron du 4e de Spahis tunisiens. – Peloton de mitrailleuses du 4e Chasseurs d’Afrique. Tous continuent à compter à leurs régiments et ne sont que détachés au régiment mixte. – Seuls d’abord, les trois premiers escadrons sont réunis à Bizerte. Ils s’y embarquent et arrivent à Port-Saïd, le 20 mars 1918. Le 24 juin 1918. Par lettre de ce jour n° 4421-9-11, le corps prend le nom de  » Régiment mixte de cavalerie de D.F.P.S.  » (appellation entre guillemets textuellement copiée sur la lettre du Ministre – S.H.A./O.M./A11). Bien que cette lettre soit absolument formelle, au lieu d’être appelé  » Régiment mixte de cavalerie du Détachement français de Palestine-Syrie  » le régiment, sans doute parce que jusqu’à cette date on le désignait sous le nom de  » Régiment de marche de cavalerie « , est presque toujours appelé, même sur les Ordres de bataille, dans les pièces officielles  » Régiment mixte de marche de cavalerie – R.M.M.C. « . Au début le cachet du chef de corps était :  » Détachement français de Palestine-Syrie –...

Lire plus

Le Corps Franc d’Afrique et le G.C.A. – 1942/1945

C.-J. Morin (extrait du Carnet n° 89). Corps Francs d’Afrique Historique 25.11.1942 : Création d’une brigade indépendante dite  » Corps Franc d’Afrique « . Les volontaires seront dits  » vélites « . O.G.C. Goislard de Monsabert. 05.01.1943 : Formation d’une demi-brigade à trois bataillons légers (et une section de mitrailleuses lourdes et engins ; sans doute restée embryonnaire). 06.01.1943 : Suspension des engagements. 16.01.1943 : 1er bataillon. 26.02.1943 : 2e bataillon. 02.03.1943 : O.C. colonel Magnan, du C.F.A. ; 3e bataillon 26.03.1943 : Constitution de la 1ère demi-brigade. Mention de la 3e compagnie/4e bataillon. 06.04.1943 : Formation d’une 3e demi-brigade. 22.04.1943 : Débuts des opérations : ler, 2e et 3e bataillons et la 3e compagnie/4e bataillon. Ordre de bataille constitué autour du C.F.A. : + un bataillon de six pièces sur automoteurs U.S. de 105 mm, Génie, 4e et 6e Tabors marocains, renforts des autres bataillons du C.F.A., 1er escadron de chars légers U.S. M3  » Lee « , 2 pelotons de 3 tank-destroyers du 834e bataillon de T.D. U.S. 05.05.1943 : Mention de 3 demi-brigades, ce qui correspondrait à 9 – neuf – bataillons ; à tout le moins à 6 – six ; dont n’ont été engagées que les unités mentionnées à la date du 22.04. 08.05.1943 : Colonel Magnan nommé général de brigade. 09.07.1943 : Dissolution du C.F.A. 13.07.1943 : Les éléments du C.F.A. formeront le Groupe de Commandos d’Afrique, et le corps sera attaché à la 3e D.I.A., O.G.C. Goislard de Monsabert. 24.07.1943 : 600 h du C.F.A. forme ledit G.C.A. a/C du -26.07.1943 : Tandis que la 7e compagnie/2e bataillon s’intègre au Régiment de Marche du Tchad/2e D.B., même position 16.09.1943 – et que la 9e compagnie, d’origine espagnole, commandée par un ancien amiral de l’Espagne républicaine, se retrouve à la 9e/III/R.M.T., la  » Nueve  » du capitaine Dronne. Campagne et opération Du 22.04.1943 au 08.05.1943. Tunisie : 15.01.1943 au 12.05.1943 (liste des unités combattantes de la campagne de Tunisie, Paris, 29 septembre 1954). Bizerte 1943. Distinction Croix de guerre 1939-1945. Tenues Uniformes britanniques, fusil Enfield et carabine U.S. Casque britannique Mkl utilisé par l’armée américaine jusqu’en 1942 – casque français – bonnet de police bleu uni (sans le liseré écarlate de bandeau de celui de l’infanterie Colo). Tenue G.-B. ou  » battle dress « . Equipement de toile G.-B. dit  » web « . Armement : fusil Enfield U.S. M1917 (ou G.-B. N.3 Mkl), P.M. Thompson M1928A1, P.M. Sten Mkl à 6. Carabine U.S.Ml. Emblèmes Pas de bande d’épaule. Rectangle (ou écussons complets ?) tricolore avec bande supérieure blanche à lettres noires FRANCE, à mi-hauteur de manche de bras gauche. Ecusson de bras en losange : noir, avec deux petits chevrons et une grenade, brodés or (même emplacement). Insignes de grade : métal or et couleur rouge (garance ou écarlate) ; en soutache pour les officiers et adjudants, en galon pour les sous-officiers et troupe. Se portent :...

Lire plus

Bataillon de Tirailleurs d’Afrique 1836 / 1838

Par Bernard Sevestre – carnet n° 89. L’existence de ce corps éphémère est liée au souvenir du second siège de Constantine ainsi qu’aux péripéties de la pacification dans la région de Guelma. La répugnance initiale du gouvernement de Louis Philippe à l’égard de l’installation de la France en Algérie et de la conquête est bien celle que notre ami Sapin-Lignières note ici dans les premières années de la monarchie de Juillet, mais le signe du renversement de tendance est donné par l’envoi des fils du roi à l’armée d’Afrique. L’explication du baptême de ce corps spécial peut être double : soit évocation par les survivants de l’épopée impériale d’un corps de la garde de Napoléon 1er, soit, plus vraisemblablement, désir de soustraire au contrôle parlementaire l’envoi de ce renfort en Algérie sous une dénomination moins visible que celle d’un régiment de ligne ou de légère. Le roi Louis-Philippe, en accord avec les libéraux qui l’avaient hissé au pouvoir et avec les Anglais qui y avaient aidé, considérait, pour le moins, comme une erreur d’avoir voulu s’emparer d’Alger. Aussi ne consentit-il à alimenter les troupes nécessaires à sa conservation qu’avec des éléments qu’il considérait comme peu sûrs et dont il voulait débarrasser la métropole. Ainsi furent créés ou dirigés outre Méditerranée les  » Volontaires de la Charte « , les  » bataillons d’Infanterie Légère d’Afrique « ,  » les compagnies de discipline « . Ainsi fut créée la Légion Etrangère. Et ceci est tellement vrai que pensant la guerre en Afrique terminée et peu soucieux de continuer à entretenir une légion qui grevait le budget mais ne voulant surtout pas que les éléments qui la composaient reviennent en métropole, il la céda à l’Espagne où s’entretuaient les  » libéraux  » de Marie-Christrine et les  » légitimistes  » de don Carlos. Pour alimenter l’aide militaire qu’il entendait apporter aux » christinos « , Louis-Philippe avait fait constituer à Pau un dépôt de composition hétéroclite. Les événements en Afrique ayant conduit à créer une nouvelle légion en décembre 1835, le dépôt devenu inutile pouvait être supprimé. Ce fut avec ses effectifs que fut organisé le  » Bataillon de Tirailleurs d’Afrique « . Et, en fait, parut au Journal Militaire en date du 28 octobre 1836, une ordonnance royale portant création de ce bataillon. 1) II sera organisé sous la dénomination de  » Bataillon de Tirailleurs d’Afrique  » un nouveau bataillon dont le noyau sera formé à Pau. 2) Ce corps, destiné à nos possessions du nord de l’Afrique sera composé d’un état-major, d’une section hors rang et de huit compagnies dont une de grenadiers et une de voltigeurs. Le complet est de trente officiers, huit cent dix sous-officiers, caporaux, soldats et huit enfants de troupe. L’uniforme et l’armement seront semblables à ceux des régiments de ligne, sauf que le schako sera remplacé par la casquette employée dans les corps d’infanterie en Afrique et que le bouton à numéro...

Lire plus

La Légion Etrangère pendant la campagne de Madagascar 1895 – 1896

Marcel P. Baldet (extrait du bulletin 6 – novembre 1963 – S.C.F.H.) En dépit du traité qui avait établi en 1895 notre protectorat sur la Grande Ile, le gouvernement Hova s’était systématiquement dérobé à ses obligations, et la France se trouva dans la nécessité d’intervenir militairement, en 1895, à la fois pour y affirmer ses droits et pour protéger ses ressortissants, en butte à des attentats incessants, En janvier 1895, le ministre de la Guerre décide la constitution d’un régiment d’Infanterie à trois bataillons, fourni par le XIXe Corps, qui prendra le nom de  » Régiment d’Algérie « . Le premier bataillon est formé par la réunion de deux compagnies du 1″ Régiment Etranger, et de deux compagnies du 2e Etranger, commandant Barre. Le second bataillon est formé également par la réunion de deux compagnies du 1″ Régiment de Tirailleurs Algériens, et de deux compagnies du 2e R.T.A., commandant Lentonnet. Le troisième bataillon est l’ancien 2e bataillon du 3e Régiment de Tirailleurs Algériens, commandant Debron. Le régiment d’Algérie est placé sous le commandement du colonel Emile Oudri, qui est depuis deux années à la tête du 2e Régiment Etranger. Chef de corps particulièrement estimé par le haut commandement, toute sa carrière s’est déroulée aux colonies : Algérie, Tunisie, Territoires du Sud, Tonkin, Annam; ses légionnaires l’appellent  » le père Oudri « , et ne jurent que par lui. Pour les tirailleurs, dont il parle couramment la langue, il est  » le colonel bono-bésef « . C’est dans les pages manuscrites de son  » Journal de Marches et d’Opérations  » – d’autant plus précieuses que l’exemplaire du ministère de la Guerre a disparu – que nous allons suivre la Légion au cours d’une campagne qui compte parmi les plus pénibles qu’elle ait connue, sous un climat meurtrier. Le 3e bataillon du Régiment d’Algérie embarque le 5 février à Philippeville sur le  » Shamrock « , avec le général Metzinger commandant la première brigade. Débarqué le 28 du même mois à Majunga, il aura l’honneur de fournir l’avant-garde du Corps Expéditionnaire. Le 22 mars, le colonel accompagné d’une députation de son régiment se rend à Sathonay, près de Lyon, où il reçoit son drapeau des mains du Président de la République le 28. De retour à Alger, l’Etat-major du régiment embarque le 1er avril sur le  » Cachemire « , avec le 2e bataillon. Le premier bataillon (Légion) quitte Oran le 4 avril, sur le  » Liban  » et arrivera à Majunga le 28 avril. L’effectif de guerre des compagnies est de deux cents hommes. La tenue prescrite pour la Légion est sensiblement celle de l’Infanterie de Marine : paletot de molleton bleu et pantalons de flanelle de même couleur, collet à capuchon, paletot de toile cachou et pantalons de treillis, casque colonial timbré de la grenade de cuivre (le casque a été arboré dès la Mer Rouge). Les officiers portent la vareuse et le pantalon...

Lire plus

Les Bataillons d’Infanterie Légère d’Afrique

Les Joyeux Zéphirs Commissaire-général Louis Merllié (carnet n° 47) A la suite de la publication des textes de Pierre Mac Orlan que j’avais rassemblés pour notre Carnet N° 42, un de nos adhérents et lecteurs nous a écrit pour demander que La Sabretache consacre un article et des planches aux uniformes des bataillons d’Infanterie légère d’Afrique. Il ajoutait  » C’est la lecture des ouvrages de Mac Orlan qui m’a incité à vous demander cela « . Coïncidence amusante : quelques jours avant de lire cette lettre, j’avais mis la main sur une vieille coupure de presse remontant à novembre 1931 et où Pierre Mac Orlan sous le titre L’heure qui passe :  » L’esprit de corps  » parlait justement des Joyeux… et cette lecture m’avait suggéré la même idée. Saisissant l’occasion d’un reportage de M. Montarron, sur les compagnies de discipline de l’armée française et sur les bataillons d’Afrique, Mac Orlan continuait ainsi :  » Ceux-ci sont maintenant réduits au nombre de deux : l’un au Maroc, l’autre dans le Sud Tunisien. Je retiens le récit impartial de cette visite aux  » Joyeux, ces enfants perdus qui ne sont pas des soldats punis, mais des soldats, tout simplement, réunis dans un corps spécial pour des raisons qui appartiennent à la vie civile « . Et il ajoutait :  » Pendant la guerre, ceux que l’on nomme les  » Bat d’Af » (ils s’appellent, en réalité, des chasseurs d’Infanterie légère) se comportèrent vaillamment. Le 3e de marche qui attaqua Rancourt en 1916, en sait quelque chose. Le bataillon portait la fourragère – du moins, les chasseurs blessés qui se trouvaient avec moi à l’hôpital l’affirmaient. L’esprit de corps chez ces bataillonnaires était exclusif. En dehors des chasseurs légers, comme ils disaient, il n’y avait rien : si ce n’est la division marocaine et la Légion qui en faisait partie avec le 1er Régiment d’Infanterie coloniale. Les Joyeux se montraient très fiers de leur uniforme. La plupart d’entre eux gardaient précieusement leur ancien képi, tout semblable à celui de l’Infanterie de ligne, mais avec le passepoil jonquille. Les bataillons aimaient la fantaisie et leur  » clique  » était bien la plus joyeuse de toutes les  » cliques « . Somme toute, le passage au bataillon avait créé chez ces jeunes gens un idéal qui les détournait provisoirement de l’attaque nocturne et du vagabondage spécial. Cela tenait à ce fait que les chasseurs légers possédaient la conviction – et jusqu’au sacrifice de leur vie – qu’ils étaient des hommes exceptionnels. Tout l’esprit de corps consiste à donner aux soldats par des insignes qui perpétuent la tradition et par la personnalité du commandement, une opinion très nette de leur valeur combative et de leur originalité. Le soldat adore l’originalité et subit toutes les disciplines à la condition qu’elles ne soient pas celles du voisin. Il faut bien avouer que rien de tout cela n’existe plus dans les...

Lire plus