La SABRETACHE

SOCIETE D'ETUDES D'HISTOIRE MILITAIRE

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Le 11e Bataillon Principal du Train d’Artillerie en 1813-1814

Par Jacques DECLERCQ (extrait du Carnet n° 66). Des recherches d’histoire familiale ont conduit notre confrère Jacques Declercq, de Fleurus (Belgique) à se pencher sur un bataillon du train d’artillerie dans les dernières années du 1er Empire. L’intérêt de cette étude est de montrer sur un exemple les procédés employés pour reconstituer une armée après le désastre de Russie et pour la renforcer pendant l’armistice de Pleiswitz : regroupement des rescapés dans les corps maintenus à l’armée de l’Elbe, formation de compagnies nouvelles par prélèvements successifs de cadres d’unités en Espagne et affectation de conscrits de 1813 puis de 1814, etc. Est également mise en évidence une difficulté bien connue de ceux qui ont essayé de chiffrer les pertes de l’époque (1), celle de connaître le nombre de prisonniers et de  » rayés par trop longue absence  » rentrés directement chez eux. Si l’on connaît l’existence et le rôle du train d’artillerie sous l’Empire, on ignore bien souvent certains détails d’organisation ainsi que les historiques des divers bataillons qui l’ont composé. Écrire un tel historique est une tâche particulièrement ardue qui reviendrait à réécrire l’histoire de toutes les divisions de l’armée napoléonienne au cours de son existence. En effet, les diverses compagnies du train d’artillerie sont réparties entre les divisions, les parcs des corps d’armée, ceux des réserves, le grand parc général de l’armée, et ceux des places fortes. Cependant l’étude de l’histoire du corps d’observation de l’Elbe en 1813 (devenu par la suite 5e corps d’infanterie de la Grande Armée) nous a amené à dépouiller aux archives de Vincennes les états de situation, registres matricules et autres documents relatifs au 11e bataillon principal du train d’artillerie en 1813-1814 (2). Rappelons, pour mémoire, que dès le 1er octobre 1786, les conducteurs des charrois d’artillerie étaient compris dans le corps royal de l’artillerie. Pendant la période révolutionnaire, l’acheminement des convois d’artillerie jusqu’aux lieux de combats était laissé aux soins d’entreprises privées civiles dont le personnel, peu concerné par la gloire militaire, n’hésitait pas à abandonner les pièces aux artilleurs dès les premiers coups de feu. C’est pour remédier à cet état de fait que le 3 janvier 1800, le Premier Consul organise militairement les conducteurs de l’artillerie en huit bataillons. Cette organisation sera renforcée à diverses reprises au cours du règne de Napoléon Ier. Ainsi le nombre de compagnies par bataillon passe de cinq à six le 4 août 1801. Le 20 septembre 1804, l’effectif passe à dix bataillons dédoublables en temps de guerre. Un onzième bataillon est créé le 3 octobre 1805 et deux autres le 28 août 1808. Ces treize bataillons seront dédoublés le 18 avril 1810 et un 14e bataillon, formé de Hollandais, sera créé à cette même date (3). Les troupes formant ces divers bataillons seront, comme pour le reste de l’armée impériale, issues du volontariat et de la conscription. Compte tenu de leur mission,  »...

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