La SABRETACHE

SOCIETE D'ETUDES D'HISTOIRE MILITAIRE

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Le chef d’escadron Courby de Cognord

Philippe SPITZER, Chef d’escadrons (E.R.).(extrait de la S.C.F.H. bulletin n° 5/1963) Je tiens à remercier tout particulièrement Madame de Févelas et Monsieur Cocquerel pour les documents qu’ils m’ont aimablement confiés. Un des héros des guerres d’Afrique, le Général Courby de Cognord, eut son heure de célébrité. Il a occupé, soit dans l’armée, soit dans le département des Hautes-Pyrénées, une situation en vue, et voici brièvement sa vie. Il est né à Thiers (Puy-de-Dôme) le 26 août 1799 et est entré au service le 1er mars 1815, comme Mousquetaire du Roi. Il sert comme sous-lieutenant et lieutenant aux Dragons du Calvados, aux Hussards de la Moselle et dans la Garde Royale. En 1823-24, il fait campagne en Espagne. Le 4 juillet 1830, il est promu capitaine. L’année suivante, il prend part à l’expédition de Belgique. Il passe ensuite au 15e Dragons et au 5e Hussards, En 1833, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur. En 1840, il arrive en Afrique ; il assiste à diverses opérations et est blessé d’un coup de feu à la jambe. Il est promu chef d’escadrons au 1er Chasseurs d’Afrique. En janvier 1841, il est muté au 2e Hussards à Vesoul et fait alors la connaissance de la famille de Lassalle d’Odos. J’ouvre ici une parenthèse pour indiquer la filiation de la famille dans laquelle allait entrer le commandant Courby de Cognord. Jean Barrère et Catherine Marrast eurent trois enfants : Bertrand Barrère, conventionnel ; Jean-Pierre, curé d’Auriébat ; Marie-Cécile. De l’union de Marie-Cécile Barrère avec Paul de Lassalle, naquirent trois enfants, dont l’un, Jean-François de Lassalle, était en 1819 capitaine en demi-solde à Odos. Ce dernier eut deux enfants : Joséphine-Françoise-Eugénie ; Cécile-Henriette-Julie. En mai 1841, le commandant Courby de Cognord épouse Joséphine de Lassalle d’Odos. Deux enfants naquirent de cette union : Anne-Françoise-Marie-Blanche, qui se marie en 1866 avec M. de Malartic ; Albert-Jules-Lucien. En 1844, le commandant Courby de Cognord est obligé de quitter sa jeune épouse pour partir en Afrique avec des éléments du 2e Hussards. Il donne à diverses reprises des preuves de bravoure et est cité à l’Ordre de l’Armée pour sa belle conduite à la bataille de l’Isly. Malgré deux propositions successives pour le grade de lieutenant-colonel, il ne paraissait pas, en 1845, devoir être nommé au grade supérieur. Il avait alors 46 ans et n’avait pas obtenu un avancement en rapport avec ses brillants services. Il est vrai qu’il était arrivé au grade d’officier sans beaucoup d’efforts. Il était instruit, zélé et apprécié de ses chefs ; il était aimé de ses officiers et des hussards, et savait commander avec fermeté et bonté. Il entretenait avec sa femme et son beau-père, à Odos, une correspondance très suivie. En 1845, le 23 septembre, eut lieu un héroïque fait d’armes dont tous les bataillons de chasseurs à pied se glorifient, mais dont une part va également au 2e...

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Le général Lanabère – 1770-1812

 » C’était un grand, brave, superbe soldat…  » Le baron Lanabère, plébéien héroïque, tué à l’ennemi est le type accompli de l’officier de la Garde.  » Commandant Lachouque Jean-Pierre Lanabère naquit à Salies-de-Béarn le 24 décembre 1770, baptisé le 24 mai 1772 à Caresse, fils de Jean, alors avocat au parlement de Navarre âgé à peine de vingt-deux ans, et de Marie Lafforgue… Cette dernière mourut presque aussitôt et Jean-Pierre fut placé en nourrice. Son père se maria beaucoup plus tard avec une demoiselle Bouhaben qui s’occupa avec tant de sollicitude de Jean-Pierre que le grand soldat lui manifesta toujours une affectueuse reconnaissance. Il n’avait pas vingt et un ans lorsqu’il s’engagea dans la Garde nationale des Basses-Pyrénées (1ère levée de 169 bataillons de volontaires pour la défense des frontières – décrets des 11 et 13 juin 1791 – loi du 15 juin promulguée par le roi). Les engagements étaient reçus dans une maison de la Place d’armes à Orthez. Jean-Pierre, voulant à tout prix que son nom figurât en tête de la liste des volontaires pour la Garde nationale, eut la constance, la veille du jour où cette liste devait s’ouvrir, de passer toute la nuit sur la place pour être sûr de n’être pas devancé par quiconque. Mais, au moment où la porte lui est ouverte et où il va joyeusement s’inscrire, il voit un autre nom sur le papier, celui du futur général Lalanne* qui, dès la veille, a obtenu une inscription de faveur. Élu sous-lieutenant le 17 octobre 1791, au 3e bataillon de volontaires des Basses-Pyrénées, il est promu adjudant-major capitaine à Saint-Jean-de-Luz le 24 mars 1792 et à la 10e demi-brigade des Basses-Pyrénées. En mai 1793, il commande une compagnie de chasseurs dans l’armée du Midi. Le 7 août, alors qu’il commande les avant-postes du camp de Curutchamendy, près de Saint-Jean-Pied-de-Port, il reçoit l’ordre de se porter du côté d’Arneguy, avec cent hommes, pour y opérer une diversion. Il reconnaît que les Espagnols sont établis au sommet de la montagne d’Irelepo et qu’ils y ont construit une redoute. Prenant aussitôt ses dispositions il gravit la montagne et, malgré les obstacles et le feu de l’ennemi, il attaque avec impétuosité, saute un des premiers dans le retranchement et fait prisonnier le commandant espagnol. Les adversaires qui parvinrent à échapper aux chasseurs se réfugièrent dans un autre ouvrage mais ils en furent chassés également par le capitaine Lanabère qui fit détruire les positions ennemies. Cet exploit fut consigné dans les journaux de l’époque et rendu public à Orthez par une proclamation du maire qui fut lue au peuple rassemblé autour de l’Autel de la Patrie ; de plus, il fut porté à l’ordre du jour de l’armée des Pyrénées-Orientales. Capitaine adjudant-major le 29 avril 1794, il passe lors de la suppression des chasseurs volontaires des Basses-Pyrénées à la 134e demi-brigade de bataille le 21 mars 1795....

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