La SABRETACHE

SOCIETE D'ETUDES D'HISTOIRE MILITAIRE

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La carrière des officiers prussiens

Par le professeur Georges DILLEMANN (extrait du Carnet n° 48). Le professeur Georges Dillemann a bien voulu adapter pour le Carnet le texte de la très érudite conférence qu’il a prononcée au siège de la Société le 20 janvier dernier. Qu’il soit remercié de la clarté avec laquelle il a présenté une question complexe et peu connue. I – L’entrée dans la carrière. Le système de recrutement des officiers d’activé en Prusse, et d’une façon plus générale, en Allemagne, était très différent du système français avec ses écoles militaires où l’on entrait par concours ouvert à des jeunes gens non encore incorporés ou à des sous-officiers ayant une certaine ancienneté. Sans entrer dans toutes les complications du système m dans ses variations au cours des temps, on peut dire en gros, qu’en Prusse, le recrutement des officiers d’activé s’effectuait de deux manières : par l’admission dans un corps de troupe comme Fahnenjunker ou par passage dans une école de cadets. 1) – Les Fahnenjunker (Avantageure jusqu’en 1899). Tout jeune homme qui se proposait d’embrasser la carrière militaire pouvait être admis dans un corps de troupe comme Fahnenjunker. Il lui fallait pour cela avoir obtenu son  » Abitur  » ou examen de sortie d’un Gymnasium ou d’une Realschule de premier ordre, ou avoir subi avec succès un examen devant une commission siégeant à Berlin s’il sortait d’un. Etablissement de second ordre. Il devait être médicalement apte au service et être présenté par son père ou son tuteur au  » Commandeur  » d’un régiment ou d’un bataillon qui décidait de son admission dans son unité. Si le candidat était admis, il faisait six mois de service avec le titre de Fahnenjunker, d’abord comme simple soldat, puis, après trois mois, comme Gefreiter faisant le service d’un  » Unteroffizier « . Si son service avait été satisfaisant, il pouvait alors être nommé Fähnrich et envoyé dans une Kriegsschule où les cours duraient neuf mois. Il subissait alors l’examen d’officier et, s’il était reçu, pouvait être proposé pour une nomination au grade de Leutnant, à la condition d’avoir obtenu un vote favorable des officiers de son corps de troupe. Pour exercer cette cooptation, les officiers avaient eu l’occasion de juger la moralité, l’éducation et les manières du candidat qui, après avoir d’abord partagé la vie des soldats, avait été admis à leur mess et avait vécu en leur compagnie. Ceux qui avaient obtenu leur  » Abitur  » à la sortie d’un Gymnasium ou d’une grande Realschule et qui avaient fait preuve de solides qualités militaires pouvaient recevoir un brevet (Patent) antidaté, parfois de deux ans! Ainsi le maréchal Sperrle a été promu Leutnant à 18 ans ayant reçu le 18 octobre 1904 un brevet en date du 19 mars 1903. 2) – Les cadets. Les écoles de cadets sont une institution de Louvois qui n’a pas survécu en France à ce ministre et qui a...

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