La SABRETACHE

SOCIETE D'ETUDES D'HISTOIRE MILITAIRE

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La brigade russe (1916-1917) vue par Maurice JORON

Maurice JORON, (1883-1937), un artiste combattant

(espace Maurice JORON au Musée Adrien Mentienne)

 Maurice JORON, passionné par le dessin dès son jeune âge, expose pour la première fois au Salon des Artistes français en 1900, salon où il sera encore médaillé deux autres fois .

Le guerre éclate alors qu’il débutait une brillante carrière de portraitiste.

Mobilisé en août, il est affecté à la 24ème compagnie du 246ème RI/55ème division, qui tient initialement les Hauts de Meuse.

En septembre, le 246ème RI est à Moussy-le-neuf et se porte le 5 sur Monthyon/Yverny où il entre en contact avec l’ennemi. Il l’attaque sur le plateau de Bargy. Maurice JORON est alors blessé à la cheville par une balle de schnarpel. Evacué  et soigné tardivement, il sera réformé , mais reste au service des armées et dessinera dès ce moment et jusqu’à la fin de la guerre de très beaux croquis de guerre pris sur le vif, envoyés aux journaux du temps, comme « Le Crapouillot » ou «  La Guerre documentée ».

« Le destin a voulu qu’une balle de ces pétards, reçue dans la cheville droite, m’oblige à cesser le dur, mais joyeux combat, et à rentrer dans la vie civile après plus d’un an d’hôpital ».

Le musée Adrien Mentienne de Bry-sur-Marne, situé dans l’ancienne ferme de ses grands-parents cultivateurs, conserve quelques cent cinquante oeuvres peintes et croquis de l’artiste.

Parmi eux, une première série d’une vingtaine d’esquisses préparatoires au crayon de soldats en 1914 et de la bataille de l’Ourcq, qui illustrent exactement le détail de son expérience de la guerre : l’abordage du plateau de Bargy, l’assaut de l’infanterie,  le premier mort à ses côtés, l’attaque de la tranchée allemande, les blessures du chef de corps, le lieutenant-colonel Chaulet, qui relance en chemise ses hommes à l’assaut sabre au clair, la poursuite de l’ennemi et l’évacuation des blessés vers l’ambulance de Monthyon.

L’autre série de vingt et un dessins est plus exceptionnelle encore. Durant sa convalescence, Maurice JORON  se rend au camp de Mailly où ont été installés les soldats russes de la 1ère brigade venue en avant-garde renforcer le front de l’Ouest, et où ils reçoivent les équipements  et l’armement français.

Cette série est très peu connue et n’a encore fait l’objet d’aucune publication ou exposition, alors que de nombreuses photos  ont illustré le séjour de cette brigade. L’association de descendants français de ces soldats, La Courtine 1917 (du nom du camp où ils furent regroupés après les événements de Russie, et où une mutinerie  d’une partie des soldats, écrasée au canon, reflétera les débuts de la guerre civile ), a pu confirmer l’intérêt remarquable de ces croquis.  La Courtine 1917  a pu commencé à les documenter en y reconnaissant  la visite des généraux Joffre et Gouraud, commandant la 4ème Armée à laquelle la brigade devait appartenir, en mai 1916 ; l’ours mascotte Mischka, qui finira au zoo de Vincennes ; le Pope du 2ème régiment, le Père Obkouneff ; une garde au drapeau au bivouac ; deux des revues, innombrables selon les témoignages, des troupes, et de nombreux visages de soldats et d’officiers extrêmement expressifs.

La Sabretache a reçu l’autorisation de présenter  ces dessins sur son site et de faire ainsi mieux connaître encore  l’engagement particulier de cet artiste combattant.

Général (2S) Jean-Philippe GANASCIA, Vice-Président de La Sabretache

 

 

Pour compléter cette visite :

Le remarquable site de l’association « La Courtine 1917 » évoquant l’histoire étonnante de cette unité russe qui se mutina en 1917 à l’annonce de la révolution russe !