La SABRETACHE

SOCIETE D'ETUDES D'HISTOIRE MILITAIRE

Association reconnue d'utilité publique

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Comité « émigration militaire »

Porte-drapeau de Colonel-général Infanterie à l'Armée de Condé (1793-1794). Cet emblème fut tout d'abord celui de l'armée de Condé puis du premier bataillon des Chasseurs nobles. C'est sa devise qui a été choisie comme devise par les fondateurs de La Sabretache :

Porte-drapeau de Colonel-général Infanterie à l’Armée de Condé (1793-1794). Cet emblème fut tout d’abord celui de l’infanterie noble puis du premier bataillon des Chasseurs nobles. Les membres fondateurs de La Sabretache firent nôtre sa devise :

Praeteriti fides exemplumque futuri

« Fidélité aux Anciens et exemple pour les générations à venir »

Collection Colonel (er) Hughes de Bazouges, administrateur de La Sabretache.

Copyright André Jouineau.

L’émigration en armes

L’émigration militaire est souvent confondue avec le service étranger au cours des Guerres de la Révolution et de l’Empire, et est alors présentée comme un phénomène – pour ne pas dire un crime – proprement français, alors qu’elle concerna à la même époque une demi-douzaine de nations : le Hanovre – le roi d’Angleterre étant aussi Electeur du Hanovre jusqu’en 1838 -, la Suisse, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, et les Provinces-Unies, en lutte contre la Révolution puis l’Empire. Dans tous les cas, si les émigrés étaient soldés par une puissance étrangère, ils combattaient avant tout pour une cause nationale ou sacrée dont on oublie qu’elle finit par triompher en 1814 et 1815 avec la chute de l’Empereur Napoléon . Ainsi, entre 1795 et 1814, les Provinces-Unies levèrent par trois fois des troupes émigrées soldées par l’Angleterre mais conservées sous commandement national (1795, 1799-1802 et 1813-1814).
Si nous devons au vicomte Grouvel, ancien membre et vice-président de La Sabretache, une œuvre monumentale qui demeure la référence internationale sur ce sujet, celui-ci est loin d’être épuisé. De nouvelles sources ont été découvertes depuis la publication des Corps de troupe de l’émigration (mémoires inédits et autres documents insolites ou inattendus, dans les archives départementales ou à l’étranger, portraits et miniatures, armes, correspondances, etc.), permettant d’amender, voire de corriger, certains détails ou parties de ses recherches. A ce titre, le fonds des archives de l’armée de Condé, conservé aux Archives nationales russes, à Moscou, nous a été récemment révélé par un honorable correspondant de notre association, et celui du Musée Condé, à Chantilly, est loin d’avoir livré tous ses trésors. Qui plus est, internet est aujourd’hui un formidable outil nous permettant d’accéder instantanément à de nouvelles sources mais aussi à de nouveaux correspondants prêts à échanger depuis leur pays respectif.
Mais on oublie trop souvent que l’étude de l’émigration militaire est aussi l’occasion de découvrir de nouvelles sources éclairant tout autant l’histoire des guerres de la révolution et de l’Empire – en particulier à travers la connaissance des armées étrangères contemporaines – que celle, souvent étonnante, d’innombrables destins individuels qui furent témoins et acteurs de ces bouleversements. Or si l’histoire militaire connaît aujourd’hui un engouement moindre que celui que partagèrent nos Anciens, contemporains de Grouvel, elle demeure une formidable base de données pour la généalogie, aujourd’hui l’une des principales passions des Français (plus d’un million de visiteurs du site Geneanet).

Ainsi, en créant un comité de spécialistes de l’émigration militaire (peut-être imité demain par d’autres groupes thématiques), La Sabretache ne fera que poursuivre l’œuvre de l’un de ses éminents membres, en apportant une contribution aussi originale qu’essentielle aux guerres de la Révolution et de l’Empire, mais aussi en répondant à une évolution rendue nécessaire par la révolution de l’accès à la connaissance. Grâce aux nouvelles technologies et donc à une œuvre collaborative, ce travail de bénédictin de compilation, voire de numérisation des sources comme des données biographiques, mais aussi de partage et de veille (exposition, vente, nouvelles publications, découvertes…), est aujourd’hui possible et peut apporter une contribution majeure de notre société savante à la recherche scientifique en général, et à l’histoire militaire en particulier. En outre, la prochaine mise en ligne de l’œuvre de Grouvel et de nouvelles archives sur le site de La Sabretache, comme la publication régulière au sein de nos Carnets de nouveaux articles sur des sujets méconnus de l’émigration en armes, constitueront sans aucun doute un puissant facteur d’attraction et de rayonnement.

Hughes de Bazouges

Vice-Président de La Sabretache
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